Le 20ème siècle (de 1900 à 1939)

1908 :   Grande Exposition Internationale d'Electricité.
Sur le terrain de la précédente manifestation devenu le Parc Chanot, du 23 avril au 1er novembre, tout ce que cette nouvelle forme d'énergie peut apporter dans tous les domaines est présenté au public marseillais enthousiaste et admiratif.
1913:   Salon International de l'Automobile.
Installé dans le Grand Palais du Parc des Expositions, durant tout le mois d'avril, ce salon vient faire de Marseille, la “capitale mondiale de l'Automobile” et, pour une soirée, du rond-point du Prado, la “troisième étape de la grande course moto Paris-Nice.”
1914:   Déclaration de guerre. (Marseille à cette époque)
Pour plus de quatre années, la mobilisation totale de toutes les forces vives du pays et de la ville, pour faire face à un conflit qui va s'enliser et plonger lentement toutes les couches de la population dans le deuil. Activité industrielle intense dans les usines travaillant, de près ou de loin, pour l'armement.
Fantassin Français
Camps militaires divers, aménagés sur le champ de manoeuvre de Monfuron, ainsi qu'au Parc Borely. Mais surtout, signe de l'horreur de la guerre, des hôpitaux militaires seront installés par la Croix-Rouge, rue Saint-Sébastien, un autre au pensionnat des soeurs de Cluny; un autre aménagé plus tard par les troupes américaines, deviendra l'Hôpital Saint-Joseph.
Fantassin Allemand
11 novembre 1918 : L'Armistice
Dans la joie délirante, la guerre enfin s'achève. L'effroyable boucherie qui a bouleversé et ravagé le monde durant plus de quatre ans s'arrête, laissant exsangues les belligérants :

Les traités de Versailles (28 juin 1919) avec l'Allemagne,
de St Germain en Laye (10 septembre 1919) avec l'Autriche,
de Neuilly S/Seine (27 novembre 1919) avec la Bulgarie,
de Trianon (4 juin 1920) avec la Hongrie,
de Sèvres (10 Août 1920) avec la Turquie, mettent fin à un conflit de plus de quatre années, auquel 70 millions d'hommes ont directement participé, qui a coûté la vie à 10 millions d'entre eux et en a blessé 20 millions au moins.

En France, les chiffres sont à la même échelle : 1 400 000 victimes. La ville de Marseille déplore 15 000 morts, sur une population estimée alors, en 1914, à 570 000 habitants.

Pour ajouter à cette terrible hémorragie de vie humaine, en cet hiver 1918-1919, se déclenche la foudroyante épidémie de “grippe espagnole” qui va faire à son tour, dans le pays, plus de 200 000 victimes supplémentaires.
Mgr Fabre, évêque de Marseille, dans sa lettre pastorale de Noël 1918, annonce la construction, sur l'avenue du Prado, d'une basilique élevée à la gloire du Sacré-Coeur et dédiée à la mémoire des 15 000 Marseillais morts au cours de la guerre.

Le 17 janvier 1919, le paquebot Chaounia, de la compagnie Paquet, qui avait quitté Marseille pour Le Pirée et Istanbul, a coulé dans le golfe de Messine, au nord du cap Pelore, après avoir heurté une mine flottante. Grâce à l’intervention rapide des autorités marines siciliennes, on ne déplore que 185 disparus.

Le 13 novembre 1919, le Grand Théâtre de Marseille est détruit par un incendie. Aucune victime n'est à déplorer

1920 : Deux Président de la république.

1922 : Seconde Exposition coloniale au Parc Chanot
Pour faire face à l'afflux de visiteurs que va attirer l'Exposition, un garagiste, Monsieur Raoul Mattei, a l'idée de génie de lancer à travers la ville une vague de taxis derniers modèles, les fameux “taxis verts” Mattei, carrossés dans les ateliers du rond-point de la maison Martel. On en comptera bientôt 200.

La même année, au mois de juin, création de l'aéroport de Marseille-Marignane.

1923 : Le 17 juillet , début de la construction des escaliers de la gare St Charles.

1924 : Le 3 décembre, inauguration de l'opéra municipal de Marseille à l'emplacement du Grand Théâtre (incendié en 1919)

1925 : Ces années d'après-guerre sont marquées, à l'extrême gauche, par des manifestations et des grèves contre la guerre du Maroc, à l'extrême droite, par une recrudescence de cléricalisme qui réveille, par contrecoup, une violente hostilité.
Le 9 février des bagarres éclatent, elles font trois morts et plus d'une centaine de blessés. L'affaire provoquera dans la ville une intense émotion. 8 000 personnes suivront le cortège funèbre des victimes, auquel assisteront, massées le long des trottoirs, plus de 50 000 personnes.

1927: Du 25 juin au 24 juillet, se tient, au Parc Chanot, le grand “ Salon Aéronautique de Marseille”. A cette occasion on évoque, une fois de plus, la grave question de l'éloignement de l'aéroport installé à Marignane en 1922, et refait surface, avec plans à l'appui, le projet d'un terrain d'aviation bien plus proche de Marseille, à l'extrémité même du Prado, le long de la plage. On imagine aisément, aujourd'hui, quelles transformations aurait subi ce quartier, s'il avait été donné suite à ce projet!

1931: Couronnement de Notre-Dame de la Garde.
En 1879, le Pape Léon XIII avait conféré au sanctuaire, consacré en 1864, le titre de “Basilique majeure” et, 6 ans plus tard, en 1885, il avait accordé à la statue l'humeur du “Couronnement”. Pour de multiples raisons, ce Couronnement n’avait jamais pu avoir lieu. En octobre 1930, le cardinal Pacelli - futur Pie XII - adresse, à Monseigneur Dubourg, une lettre d'approbation.
Les 18, 19, 20, 21 juin, c'est la fête à Marseille ! De nombreux évêques, plusieurs centaines de prêtres et des dizaines de milliers de fidèles, venus de toutes les paroisses de la ville, mais aussi de toute la Provence, participent au Couronnement.
On remarque parmi eux, les brancardiers de Lourdes, les scouts, les Guides, d'innombrables groupes en costume local, les poissonnières marseillaises, les Gardians de Camargue...
Le Couronnement a lieu le 21 dans la matinée, à la Cathédrale. C'est par mer que la statue va rejoindre le Vieux-Port, car la procession sur la voie publique n'a pas été accordée.
Tandis que carillonnent toutes les cloches de la ville, la statue de la Vierge installée sur une mahonne richement décorée, remorquée par le “MARSEILLAIS 34” de la Compagnie Chambon, escortée par toute une flotte de bateaux de toutes sortes, sera reçue Place aux Huiles, au quai de Rive-Neuve, par Monseigneur Gerlier, évêque de Lourdes. Puis, par le boulevard Vauban, elle rejoindra la basilique, sur la colline où, dans la soirée, Monseigneur Dubourg placera Marseille “sous la protection de Notre-Dame de la Garde”.
Pièce de 10F (Ø 2,75cm)

1933 : Le 25 juillet, Léon Trotski arrive à Marseille, avec sa femme.

1934 : Année tragique de l'assassinat du roi Alexandre 1er de Yougoslavie et de Louis Barthou, ministre des affaires étrangères, par Vlada Gueorguiev. A 16hO5 le 9 octobre, le contre-torpilleur “DUBROVNIK” qui amène le roi et sa suite pour une visite en France, accoste au quai des Belges. Le cortège royal se forme et se met en marche.
Pour se rendre à la préfecture, il doit faire un large périple à travers la ville : Canebière, rue Saint-Férréol, rue Armény, cours Pierre Puget, Corderie, dépôt de gerbes au monument “Aux Morts d'Orient”, Corniche et retour vers le centre par les deux branches du Prado et la rue de Rome.
A l6h2O, tandis que la voiture du roi s'avance sur la Canebière et parvient à hauteur de la Bourse, plusieurs coups de feu interrompent brutalement les applaudissements. Le roi Alexandre est tué sur le coup. Louis Barthou décédera le soir, à l’Hôtel-Dieu où il a été transporté par un taxi dans une pagaille indescriptible.
On dénombrera 10 blessés dans le cortège royal, et 9 personnes atteintes par des balles perdues au milieu de la foule, sur le trottoir. Trois d'entre elles succomberont les jours suivants, victimes oubliées de cette journée dramatique. Parmi les victimes, une jeune serveuse d'une brasserie de la place Castellane, Yolande Ferris, 20 ans, décédée à l'Hôtel-Dieu le 11 octobre.
Cette même année, s'ouvre, au boulevard Michelet, le vaste chantier du nouveau stade municipal de Marseille dont la construction a été décidée en 1931. Après trois années de travaux, cet ensemble sportif qui, après des décennies, garde toujours son nom d'origine de Stade Vélodrome, sera inauguré le dimanche 13 juin 1937. Une manifestation monstre, avec course cycliste sur piste, épreuves pédestres et match de foot, qui, avec la victoire de l'O.M sur le F.C Torino (2 buts à 1) préfigurera les grands jours de l'olympique de Marseille, ainsi que les foules en délirent, du rond-point à Castellane, les soirs de match de toujours.

1935 : Le 5 mai, élections municipales. A Paris et à Marseille, les « suffragettes » ont établi des bureaux de vote officieux en faveur du vote des femmes. Dans le quartier de la Butte-Montmartre, elles ont été 18 959 à déposer leur bulletin dans le carton à chapeau qui tenait lieu d'urne. Louise Weiss, candidate « officieuse » a recueilli 16 357 voix et 2 602 femmes se sont simplement déclarées en faveur du vote féminin. Ces bureaux de vote clandestins ont provoqué des attroupements que les gardiens de la paix ont tenté de disperser. Ils ont été accueillis par de la poudre de riz.
Billet de 100 Francs 1935 1935 : L'ambiance politique de la seconde moitié des années 30 se révèle, à Marseille, assez mouvementée. On assiste alors à une forte montée de ce que l'on a appelé le “Sabianisme”. Venu de l'extrême-gauche, Simon Sabiani,
Billet de 100F (1935)
Billet de 100 Francs de 1935 “passant d'un parti à l'autre avec une déconcertante facilité, se rapprochant de plus en plus de la droite, devient le premier adjoint du maire, le docteur Ribot”.Mais il se “discrédite en affichant des liens qui n'étaient que trop visibles avec la pègre”,
notamment avec des gangsters bien connus, tels que Carbone et Spirito. Battu aux élections de 1936 par Fr. Billoux, il devient le second de Jacques Doriot, fondateur du PPF (Parti Populaire Français), que l'on verra à l'oeuvre sous Vichy.
1936 : Le 3 juin, à la suite des usines Coder, les Forges et Chantiers de la Méditerranée se mettent en grève. Cela fait tâche d'huile. En moins d'une semaine, on dénombre 240 établissements industriels marseillais occupés par les ouvriers grévistes, soit près de 40.000 travailleurs, suivis bientôt par les inscrits maritimes. Mais ce sont, rapidement, à la suite des accords de Matignon, les conventions collectives, la semaine de 40 heures, les “congés payés”!
Pièce de 1F (1938 Ø 2,3cm)

C'est dans ce climat, au début de l'automne, que le 28 octobre 1938 éclate, sur la Canebière, attisé par un violent mistral, le dramatique incendie des “Nouvelles Galeries”. Faute d'eau à la pression suffisante, faute aussi de matériel et en raison de l’incurie flagrante de certains services municipaux, c'est la catastrophe. On compte 73 victimes. La ville est en deuil.
Cinq mois plus tard, le 22 mars 1939, par décret-loi, la cité est mise “sous tutelle”, et la direction de la municipalité confiée à un “administrateur extraordinaire”, situation qui durera six ans.
1939: Déclaration de guerre
Lorsque le 1er septembre, les chars allemands entrent en Pologne, Londre envoie un ultimatum à Berlin : l'Allemagne a 24 heures pour se

(Discours aux SA et au SS)
retirer de Pologne. Mais l'Allemagne refuse. Dans la matinée du 3 septembre, la Grande-Bretagne signifie l'état de guerre contre l'Allemagne. Quelques heures plus tard, la France déclare la guerre à l'Allemagne.

L'exode de 1940, des milliers de gens sont jetés sur les routes, et bien souvent mitraillés par les stukas.
(Voir)